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15.06.2005
Quoi de plus normal !
Comme nous sommes un jour de fête, je me devais de vous faire un cadeau (même si c'est très présomptueux de dire qu'un passage de mon roman est un cadeau, n'oublions pas que seule l'intention compte).
Mon père est Commissaire divisionnaire à la brigade criminelle de Paris. Il est en charge de tous les meurtres sans mobile apparent commis sur l’ensemble de la Capitale. Il met un point d’honneur à mettre sous les verrous les auteurs de ces crimes difficilement élucidables. Il se délecte à résoudre ces « casse-tête chinois » même si c’est au prix de nombreux sacrifices personnels. Il prend son métier très à cœur. Pour résumer, il passe sa vie au travail.
Je suis issu d’une grande famille de policiers. Un de mes aïeuls était le bras droit de Vidocq : « Vautrin et Vachard unis contre le crime », tout un programme !
Mon père est fier de ses origines policières. Son métier est une vraie vocation, accentuée par la mort en service de mon grand père, le Commissaire divisionnaire Paul Vachard. Tout son temps est consacré à la traque de criminels, rien ne peut changer cela, pas même ses devoirs en paternité.
C’est sûrement à cause de cela que ma mère est partie alors que je n’avais que cinq ans. Je ne me souviens pas réellement du jour de son départ car personne n’a pris le temps de m’expliquer ce qui se passait. Il ne me reste en mémoire que la date du jour de cette séparation : le 5 Juin.
Je n’aime pas le chiffre cinq.
Je comprends ce qui a poussé ma mère à fuir mon père. Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi elle m’a laissé avec lui. Parfois, elle m’appelle au téléphone mais nos conversations sont stériles et froides. Elle semble culpabiliser mais jamais ne m’a demandé pardon. De quoi a-t-elle peur ? De lui ou de moi ?
(...)
Je n’ai jamais existé aux yeux de mon père. Les seules fois où il a eu conscience de ma présence, les conséquences furent pour moi catastrophiques.
(...)
Tous les enfants rêvent de pouvoir vivre en toute liberté échappant au contrôle omniprésent de leurs parents. Moi, au contraire, je rêvais de contrainte parentale. Que ce soit à l’école, au sport ou à la maison, j’étais seul, désespérément seul.
Vae soli. Malheur à l’homme seul.
Fred de Mai
02:00 Publié dans * Extraits de mon roman * | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture









Commentaires
Pas mal ce deuxième extrait! La relation père-fils se noue ou plutôt ne s'est jamais nouée. La mère glaciale. Je n'aime pas le chiffre 5.
C'est bien! Maitrisé. Cela donne envie de connaître la suite.
Ecrit par : Vautrin | 15.06.2005
J'aime bien ce passage... il donne envie de connaître Paul....
Une part autobiographique ou non?
Ecrit par : nanouwaza | 27.07.2005
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