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21.06.2005

Besoin de pression...

Au cours de mes pérégrinations dans la blogosphère, j’ai lu deux notes sur un sujet qui me touche directement. L’une écrite par Cyril Fiévet : mon prochain livre, l’autre signée Sébastien Bailly : le livre en cours et le blog. Le sujet évoqué me concerne directement : Doit-on ou peut-on écrire un livre et en parler sur son blog ?


La première réponse qui m’est venue à l’esprit est oui.
J’ai volontairement créé des blogs dans ce but. Je ne possédais pas de blog avant mon roman, sans lui (et les conseils de mon épouse) je ne serai certainement pas entré dans la blogosphère, du moins pas avant la fin de mon travail d’écriture.
Alors qu’est-ce qui m’a poussé vers les blogs ?

Cela faisait deux mois que je vivais isolé du monde. Je passais ma vie à taper sur le clavier de mon ordinateur pour tenter de retranscrire l’histoire qui hantait mon esprit. J’étais devenu dépendant de l’écriture, je quittais le monde pour celui de mon roman. Tout au cours de sa réalisation, j’ai éprouvé le besoin de partager mon travail. J’avais besoin d’être rassuré pour avancer. Il suffisait d’un simple : « génial, vite donne moi la suite. » pour que mes batteries soient rechargées. Je vivais seul face à mon écran mais j’éprouvais un besoin sporadique à échanger.
Une fois le dernier mot tapé, ce besoin s’est amplifié. Je ne pouvais pas tenir une discussion sans parler de mon livre.
La solution (suggérée par ma femme) était donc évidente. Pour assouvir ce besoin parler de mon roman, il fallait que j’intègre une communauté laissant libre cours à mon besoin d’échanger sur Paul Vachard, l’antihéros de mon roman.
Le blog a été pour moi libérateur, je pouvais parler à ma guise de mon sujet préféré et récompense suprême, des gens venaient lire mes notes. J’avais trouvé la solution.

Avec du recul, je suis persuadé que le blog est salvateur dans mon cas. Le problème est maintenant de savoir ce que l’on doit partager. Même si la thérapie est bonne, faut-il vraiment tout échanger ?
Chaque fois que je soumets un passage de mon roman à la lecture en ligne, je ressens une réelle pression. Je guette les commentaires.
Quand il n’y en a pas, le monde s’écroule. Je me dis que mon livre laisse indifférent. Je me sens mal et me réfugie dans les corrections.
Quand un commentaire arrive, je vis une vraie angoisse. Je lis chaque mot en l’interprétant, je cherche le sens caché des remarques. La pression monte un peu plus. J’ai écrit un roman, maintenant je me fais des films (à suspense).

Quoi qu’il en soit, je persiste dans mon idée de bienfait d’un blog mais pas forcément durant l’écriture mais plutôt à l’heure des corrections. Il est vrai que cela génère beaucoup de pression mais cela me convient. Je pense être de nature à me transcender en situation difficile. Je suis persuadé que cette situation particulière n’est pas une solution universelle, loin de là. Rare sont les fous qui courent au devant du danger.

Pour finir, je veux vous mettre en garde : Attention, un blog parlant de votre travail d’écriture en cours, peut nuire dangereusement à votre santé (surtout mentale).

Fred de Mai

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