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10.07.2005
HOMO SUM, ET HUMANI NIHIL A ME ALIENUM PUTO
Je suis homme, et rien de ce qui touche un homme ne m'est étranger (TÉRENCE, l'Homme qui se punit lui-même, acte I, sc. 1).
La page suivante de P. Leroux est comme l'historique de ce beau
vers :
« Il faut descendre jusque vers le temps où parut Jésus pour trouver chez
les anciens quelques accents d'humanité analogues à son Évangile. Hormis un
vers de Térence, quelques mots de Cicéron, quelques phrases de Sénèque,
l'Antiquité tout entière n'a rien d'où l'on puisse conclure, je ne dis pas la
solidarité réciproque du genre humain et l'unité de l'espèce humaine, mais la
fraternité des hommes, dans l'acception la plus vulgaire. La première fois que
le sentiment de l'humanité collective s'exprima à Rome, ce fut un affranchi, un
enfant de Carthage, enlevé à sa famille et nourri par les Romains comme
esclave, qui le formula, et cette formule était si nouvelle qu'elle frappa
d'étonnement tout le monde. "La première fois, dit saint Augustin, qu'on
entendit prononcer à Rome ce beau vers de Térence : Homo sum, et humani
nihil a me alienum puto, il s'éleva dans l'amphithéâtre un applaudissement
universel ; il ne se trouva pas un seul homme dans une assemblée si
nombreuse, composée de Romains et des envoyés de toutes les nations déjà
soumises ou alliées à leur empire, qui ne parût sensible à ce cri de la
nature." Ce cri était nouveau en effet, et il est remarquable, je le répète,
que ce soit un affranchi qui ait fait entendre aux Romains ce cri précurseur de
l'Évangile. »
Le vers suivant de Mérope peut être rapproché de celui de Térence : C'est un infortuné que le ciel me présente ; il suffit qu'il soit homme et qu'il soit malheureux.
Homo sum, et humani nihil a me alienum puto : cette belle maxime
a été comme un éclair précurseur du christianisme car les anciens n'avaient
jamais prononcé de parole aussi large et qui s'appliquât comme celle-là à
l'humanité entière.
BAUTAIN
L'idée de l'unité morale du genre humain, conçue par les philosophes grecs,
avait passé chez les écrivains et les jurisconsultes latins, leurs disciples.
Sénèque, Lucain, Pline, avaient célébré cette idée inaugurée par l'axiome
fameux de Térence : Homo sum, nihil humani a me alienum puto. Les
jurisconsultes l'appliquaient.
Henri MARTIN
Histoire de France
Les Romains, qui n'avaient qu'un seul et même mot, hostis, pour dire
étranger et ennemi, ces Romains, qui riaient au Cirque, pleuraient pourtant,
dit-on, comme pouvaient pleurer de pareils hommes, en entendant au théâtre
l'acteur s'écrier : Homo sum, et humani nihil a me alienum
puto.
Revue de Paris
La conscience antique frémit le jour où un acteur récita sur la scène
romaine ces simples mots : Homo sum, humani nihil a me alienum
puto. Il est temps, il est juste que les nations disent de même :
« Je suis peuple, rien de ce qui arrive aux autres peuples ne m'est
étranger. »
A. ESQUIROS
C'est au genre humain qu'il eût fallu faire attention dans I'histoire ;
c'est là que chaque écrivain eût dû dire : Homo sum, mais la
plupart des historiens ont décrit des batailles.
VOLTAIRE
Il y a entre les hommes une sympathie naturelle qui est le fond de tous les
sentiments d'humanité : Homo sum, et humani nihil a me alienum
puto.
BAUTAIN
Philosophie morale
Vous vous êtes douté, mon cher confrère, que j'étais affligé des horreurs
dont la nouvelle a pénétré dans ma retraite ; vous ne vous êtes pas
trompé, je ne saurais m'accoutumer à voir des singes métamorphosés en
tigres : Homo sum, cela suffit pour justifier ma douleur.
VOLTAIRE
Lettre à M. de Chabanon
12:49 Publié dans Locutions latines | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note









Commentaires
Homo sum : humani nihil a me alienum puto.
Apprime in vita est utile, ut ne quid nimis.
Natura tu illi pater es, consiliis ego, etc....
Il serait peut être utile de remettre cette citation à l'ordre du jour....
Est-ce que l'homme un jour sera réellement libre?
J'espère que ce sera toujours son but premier à atteindre!
à bientôt
Shakti
Ecrit par : Shakti | 11.07.2005
La liberté ? tout dépend de ce que l'on en fait..on le voit tous les jours.
Pas à tout prix en toutcas
Ecrit par : fabienne | 11.07.2005
Les commentaires sont fermés.