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19.07.2005
Technologie automobile et enfant précoce.
En lisant une note qui se trouve là. Je me suis souvenu du jour où je suis devenu Spiderman pour sauver ma fille de sa prison électronique…
A cette époque, nous habitions à Bouc Bel Air, charmant petit village au sud d’Aix en Provence.
Par une belle journée d’été, nous avons décidé d’emmener ma fille (âgée de 2 ans et demi au moment des faits) au Zoo de la Barben.
L’ambiance était joyeuse quand nous avons pris la route, à bord de notre Laguna (première génération, détail important car cette voiture n’était pas encore équipé de la clé électronique chère à Renault).
Arrivée en bas du village, je décidais de faire le plein pour éviter qu’une panne d’essence vienne gâcher cette journée qui s’annonçait prometteuse.
Une fois le moteur coupé, je m’acquittais, sous un soleil de plomb, de cette tâche purement masculine (depuis que mon épouse s’est aspergée de super 95 suite à une mauvaise manipulation, je suis le pompiste officiel de la famille).
Ma besogne accomplie, je laissais mes femmes dans l’auto (l’effet de la climatisation avait rendu l’habitacle agréable) pour aller payer ma contribution à l’enrichissement étatique.
Ma femme me rejoignait à la caisse pour acheter un paquet de gâteaux réclamé par notre incorrigible grignoteuse.
Nous sortions ensemble de la petite boutique de la station quand un bruit particulier a déclenché notre alarme interne :
Nous venions d’entendre le « Ploc » qui accompagne la mise en fonction du verrouillage centralisé du véhicule.
Ne cédant pas à la panique (ce qui n’était pas évident) je lâchais un « oh putain ! » tout en souriant à ma princesse qui nous faisait des petits « coucou » à travers la vitre.
Ma femme, décidait de calquer son attitude sur la mienne, rendant un signe de la main à notre princesse prisonnière et accompagnant son geste d’une remarque pertinente :
« Là, on est dans la merde! »
Retour en arrière, pour mieux comprendre les origines de ce fâcheux contretemps.
Mon épouse sachant qu’elle n’abandonnerait que quelques instants la voiture n’avait pas jugé utile de retirer les clés du contact. J’aurais fait la même chose sachant que notre puce était attachée à son siège auto. Mais voilà, les enfants grandissent et vous étonnent quotidiennement en réalisant de nouvelles promesses.
L’exploit du jour étant : « regardez papa, maman, je sais me détacher toute seule. »
Libérée de sa ceinture, la petite précoce avait décidé d’attendre notre retour debout sur le siège de sa maman. Pour arriver à ses fins, elle avait dû passer entre les sièges en empruntant la console centrale qui les sépare.
Pensée supposée et rendue intelligible d’une petite aventurière :
« Pas facile de garder son équilibre sur cette console aux formes irrégulières et ayant pour obstacle ce drôle de tube (que les grands appellent frein à main). Marrant, ce petit bouton qui s’est allumé en rouge quand j’ai mis mon pied dessus (Je sais pas comment il s’appelle ce bouton, il faudra que je leur demande). Ah ! Les voila. Coucou, vous avez vu comme j’ai bien grandie, j’ai fait cela toute seule. Vous souriez parce que vous êtes fier, c’est ça ? »
Réponse d’un père atterré :
« Ma chérie, ce bouton s’appelle « la condamnation centralisé des portières » et comme l’a si bien dit ta maman : on est dans la merde. »
Premier réflexion, tirée de Confucius, « Ce que tu peux faire, tu peux le défaire » (en théorie).
Première tentative de résolution du problème :
« Ma princesse, écoute bien ce que papa va te dire, appuies sur le petit bouton avec la lumière rouge. Oui, papa te fais coucou aussi mais appuies sur le bouton. Allez pupuce soit gentille et appuies sur ce putain de bouton de merde. Bon, il va falloir penser à autre chose. Oui c’est ça, coucou ma chérie. Fais coucou à maman, Papa reviens. »
Détail confirmant la loi des séries :
Pour une question de praticité, j’ai réuni toutes les clés sur le même trousseau. Conséquence directe : les clés de la maison pendent, en me narguant, sous le volant.
Deuxième réflexe, tiré de mes gènes mâle : « je pète la vitre et on en parle plus »
Au regard que m’a lancé ma femme, j’ai compris qu’elle ne partageait pas mon envie destructrice. Je respectais ce veto, c’était tout de même sa voiture de fonction. Je n'étais pas vraiment emballé par la solution qu’elle m'a proposé :
« Tu retournes à la maison, la porte de la terrasse est ouverte, tu trouveras une solution. Dépêches toi, elle va crever de chaud là dedans !»
J’avoue avoir réprimé un pulsion qui me poussait à lui balancer : « Dis donc, la miss, fallait pas laisser les clés sur le contact ! » Mais bon, cela aurait été inutile et source de pugilat.
Pour ceux qui ne connaissent pas Bouc Bel Air, ce charmant village provençal est situé sur un rocher. La station service en question se trouve tout en bas du village, ce qui implique deux kilomètres de montée harassante pour rejoindre notre résidence. Pour ceux qui l’auraient oublié, nous étions en été et il faisait au moins 35 degrés. Deuxième point négatif, je déteste la course à pied. Mais bon, sur ce coup là, je n’avais pas trop le choix.
Mon salut est venu d’un couple de personnes, d’un certain âge, qui suivaient la scène depuis son début. Le monsieur charmant m'a proposé de me déposer à notre domicile. Autant vous dire que j’ai accepté avec enthousiasme. Durant le trajet, je m’acquittais de cette course en taxi improvisé en me soumettant à une morale faite par deux grands parents attentifs qui ne laissaient jamais leurs petits enfants seuls dans la voiture. Bien que je ne sois pas un adepte des morales « post-drame », j’acquiesçais sans un mot me consolant en regardant cette côte que je n’avais pas à gravir en courant.
Arrivée à la résidence, je remerciais chaleureusement le gentil couple avant de me précipiter vers mon allée. Une des raisons nous ayant fait opter pour cet appartement était le côté sécuritaire de l’endroit. Cet argument devenait une sérieuse contrainte dans la situation présente. Comment rentrer dans cette forteresse ?
Après une petite prière adressée à Saint « j’suis dans la merde aidez moi ». Je sonnais à l’interphone de la seule personne ayant une terrasse mitoyenne à la notre. J’appuyais, sur ce bouton sans conviction n’ayant croisé mon voisin que trois fois en cinq ans. Ajouter à cela que je n’étais apparemment pas dans un jour propice au miracle.
Je n’ai toujours pas allumé de cierge à Saint « j’suis dans la merde aidez moi » mais je le remercie pour son geste. Les parents de mon voisin étaient présents et ils m’ouvrirent les portes malgré des explications confuses. Ils m’attendaient sur le palier pour un complément d’information. Je leur racontais mon aventure rocambolesque tout en me dirigeant vers leur terrasse.
Nous habitions au premier étage, ce qui rendait mon escalade moins périlleuse, ma première impression fut tout de même : « Putain, c’est haut !».
N’ayant pas le temps de revêtir ma tenue de Spiderman, j’escaladais le muret sous le regard angoissé de mes spectateurs. Je transpirais à grosse gouttes et cela n’était pas seulement dû à la torpeur estivale.
Tout à coup…
Je me retrouvais sur ma terrasse. Bon j’ai un peu enjolivé ce passage de l’histoire pour donner du piquant à mon exploit. Je suis plutôt « grimpe en l’air » et toujours volontaire quand il s’agit d’escalader.
Et puis d’abord, c’est moi qui raconte et j’aime bien passer pour un héros.
Au final, j’ai récupéré le second jeu de clé de l’appartement (sur lequel se trouvait le second jeu de clé de la voiture) et je suis parti sur les chapeaux de roues, au secours de ma princesse, au volant de mon autre voiture.
A mon arrivée sur les lieux du drame, nous avons réconforté la petite aventurière éplorée en la serrant fort dans nos bras.
C’est bon de serrer dans ses bras ceux qu’on aime.
Fred de Mai alias « Peter Parker ».
18:00 Publié dans Fred de Mai | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture









Commentaires
eh eh eh :-)
de rien pour l'inspiration ! pour moi, ce fut bcp, mais alors bcp plus simple !
Ecrit par : stéphanie | 19.07.2005
Papa sauveur, papa ... je ne me souviens plus de la suite de la chanson!
Ecrit par : Shakti | 19.07.2005
Ah, ce zoo de la Barben... faut-il être aventurier pour y aller !
Ma fille y était aujourd'hui avec le centre aéré, heureusement que le conducteur du car etc etc ;)
J'ADORE la version de bang-bang qu'on entend ici. Je reviendrai l'écouter, c'est sûr...
Ecrit par : jujuly | 19.07.2005
Stephanie > Bienvenue
Shakti > c'était pas papa sauveur, papa grimpeur, tombe pas...
Jujuly > Le zoo de la Barben est le plus physique de France au moins GR13, c'est pour cela qu'ils ont mis un train pour le visiter. Il faut y aller préparé.
Ecrit par : Fred de Mai | 20.07.2005
Morale de l'histoire "Faites des gosses" ..
je vais adopter un chien moi!
sinon je reviens d'aix , pas vu de zoo...
Ecrit par : Frogita | 20.07.2005
C'était papa chanteur... mais tous les papas sont chanteurs dans l'âme, non ? Chanteurs de charme... (je préfère Balavoine à Lahaye...). Bien contente de pouvoir de nouveau lire tes posts, Frd !
Ecrit par : zebu32 | 20.07.2005
Il faut toujours avoir un cintre pour se genre de moment...
Quoi qu'avec l'éléctronique...
Ecrit par : Damdam | 20.07.2005
Frogita > ce n'est pas grave, tu en avais vu suffisament au VIP
Zebu32 > j'aime écrire mais rien ne vaut le plaisir d'être lu
Damdam > réminiscence d'un passé sulfureux ?
Ecrit par : Fred de Mai | 20.07.2005
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