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01.09.2005
Internet Romance version de Mai.
J’ai répondu à l’invitation de Joël en créant une fin alternative à Internet Romance. Je vous conseille vivement d’aller lire cette histoire qui m’a passionné tout l’été. Cela vous aidera aussi à mieux comprendre ma version.
Vous retrouverez une autre fin dilettante ici.
Internet Romance – 31 – (une autre fin)
« Je ne pouvais pas me contenter des derniers mots de Nico. Je voulais en savoir plus. J’étais devenu accro à leur romance et ce « on verra demain » me rendais fou. Je ne voulais pas attendre, je ne pouvais pas attendre. J’avais besoin de ma dose d’explications. Nico ne pouvait pas me faire cela. Il n’avait pas le droit de clôturer son journal comme cela. J’entreprenais alors de fouiller son ordinateur de fond en comble. Tel un vautour sur une carcasse fraîchement abandonnée, j’ouvrais les entrailles de la machine à la recherche des mots qui pourraient me sevrer. Je devais ressembler à un fou mais peu m’importait, je devais savoir.
Je venais de passer tous les fichiers au crible sans avoir trouvé la moindre miette à me mettre sous la dent. Mon désespoir atteignait son paroxysme quand une idée fulgurante me traversa l’esprit. La corbeille, je n’ai pas fouillé la corbeille…
Bingo ! Sacré Nico, tu m’étonneras toujours.
J’avoue avoir été parcouru par une sensation étrange à l’ouverture de ce document. J’avais trouvé ma drogue mais elle avait un goût amer. Si Nico avait décidé de détruire son texte, il devait avoir ses raisons. Je n’étais plus sûr de vouloir continuer mon voyeurisme. Je regardais autour de moi dans l’espoir de trouver un soutien qui se matérialisa sous les traits de Louise. Je lui demandais de me rejoindre d’un signe de la main. Je devais la mettre dans la confidence. A deux, l’épreuve serait moins pesante. C’est dans un silence lourd de sens que nous avons débuté notre lecture.
« Je n’arrivais pas à dormir. Je savais que Mary Ann était de l’autre côté de la cette cloison et je ne supportais l’idée que ce mur puisse nous séparer à tout jamais. Je devais prendre mon destin en main. Je devais me conduire en homme pour convaincre la femme de ma vie. Tom, lui, l’aurait certainement déjà fait.
Quand je me faufilais sous le drap, elle me fixait de ses yeux rougis par les pleurs. Elle semblait m’attendre en silence pour m’avouer son terrible secret. Les mots jaillirent dans un « franglais » incompréhensible. Elle se confessait et je ne comprenais rien. Mary Ann dû s’en rendre compte à ma moue dubitative. Elle stoppa net son charabia pour entreprendre un exercice respiratoire. Je la trouvais tellement belle.
Elle semblait maintenant calmée et articula les mots qui me déchirèrent le cœur « Je ne te mérite pas, j’ai péché en abusant de ta confiance, je ne suis pas digne de ton amour. I’m sorry !»
Les réponses se bousculaient dans ma tête « tu es folle, c’est moi qui ne te mérite pas, je t’aime à en mourir… » Mais aucun mots ne sortaient de ma bouche. Je me trouvais face à celle que j’avais toujours attendu et j’étais incapable de lui crier mon amour. Est-ce alors Eros qui me poussa contre elle ou s’agissait-il d’une pulsion insoupçonnée ? Je ne sais pas. La seule certitude était que je n’avais jamais autant désiré une femme. Je me jetais littéralement sur elle lui arrachant sa nuisette. J’étais avide de son corps et je rentrais en elle sans sommation. Nous n’en étions plus aux sonates. C’était 1812 de Tchaïkovski et les canons résonnèrent à mes oreilles. Je n’étais pas Napoléon et je savais qu’il n’y aurait pas de retraite car la forteresse venait de céder.
Alors que nous étions allongés côte à côte, tentant de retrouver notre souffle, elle m’a saisi la main. Sans me regarder, elle m’annonça qu’elle était enceinte, elle le ressentait au plus profond de son corps. Je souriais en la regardant, j’étais le plus heureux des hommes.
Fort de mon initiative pour reconquérir ma promise, je décidais de prendre notre destin en main et j’allumais mon ordinateur. Je réservais deux allers simples pour la France dès ce matin. Le mariage attendrait, nous devions commencer par vivre.
Je demandais à Mary Ann de préparer ses valises, elle se contenta de me sourire sans poser de questions. Je ne pu retenir mes larmes car on ne peut rien contre le bonheur.
Je décidais, avant d’éteindre mon ordinateur, de supprimer cette dernière note. Ceux qui m’épiaient en toute amitié auraient la surprise de notre retour. »
Maintenant je savais. J’enviais leur bonheur qui était mérité. Je me tournais vers Louise et je la prenais dans mes bras. Nous sommes restés là, de longues minutes, à pleurer."
Epilogue :
"L’avion d’Air France décolla à 10h30 A.M pour s’écraser quarante minutes plus tard en plein Pacifique. Il n’y eut aucun survivant et les causes du crash semblent encore obscures.
Je ne sais pas si Mary Ann était enceinte. Je suis sûr qu’il sont morts heureux, main dans la main.
Depuis ce funeste jour, j’ai l’impression qu’il y a deux étoiles supplémentaires dans le ciel de Grenoble. Elles sont tellement proches que l’on pourrait croire qu’elles ne forment qu’un seul et unique astre qui brille de milles feux."
- FIN VACHARDE –
Fred de Mai.
Cher Joël, j’espère avoir été digne de ton Internet Romance.
00:00 Publié dans Fred de Mai | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Littérature









Commentaires
J'aime bien la fin vacharde! Mwahahaha
Ecrit par : Matman | 01.09.2005
Matman > c'est mon côté obscur.
Ecrit par : Fred de Mai | 01.09.2005
Ah ouais ! Ça l'fait ! J'aime beaucoup plus mieux !
Ecrit par : FrenchDoctor Jr | 01.09.2005
FrenchDoctor Jr > merci Junior
Ecrit par : Fred de Mai | 01.09.2005
Superbe Fred !
Merci pour cette fin optimiste.
Eh oui, je trouve.
C'est une belle mort.
On sent l'écrivain, c'est nerveux, enlevé.
Il y a toutes les références d'internet romance :
la musique, Napoléon, tout Nico en bref, en rappel avant la fin.
J'ai pensé à la fin de Paul et Virginie:
"Tous les matelots s'étaient jetés à la mer Il n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était tout nu et nerveux comme Hercule.
"Il s'approcha de Virginie avec respect : nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforcer même de lui ôter ses habits ; mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue. On entendit aussitôt ces cris redoublés des spectateurs : " Sauvez la, sauvez la ; ne la quittez pas ! " Mais dans ce moment une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île d'Ambre et la côte, et s'avança en rugissant vers le vaisseau, qu'elle menaçait de ses flancs noirs et de ses sommets écumants. À cette terrible vue le matelot s'élança seul à la mer ; et Virginie, voyant la mort inévitable, posa une main sur ses habits, l'autre sur son coeur et levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les cieux."
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C'est vraiment horriblement romantique aurait dit Boris Vian!
Merci encore Fred.
Ecrit par : Joël | 01.09.2005
Joël > J'ai surtout été inspiré car ta Romance était excellente.
Ecrit par : Fred de Mai | 01.09.2005
Tout simplement bravo.
Ecrit par : Dilettante | 01.09.2005
Dilettante > J'ai tout de même été moins courageux que toi en abrégeant leur souffrance pardon leur amour.
Ecrit par : Fred de Mai | 01.09.2005
Les commentaires sont fermés.