16.09.2005

Arrêt sur émotion.

Il y a quelques jours, je dédiais un simple post-scriptum à une personne qui m’a montré le chemin. Aujourd’hui, alors que j’allais prendre ma dose de rire quotidien, je suis tombé sur cela.

Je vous avouerais que j’ai commencé la lecture de cette note avec légèreté pensant : mais où va-t-il encore nous emmener ?

Puis j’ai relu ces mots une seconde fois. Je n’avais plus envie de rire et je me sentais comme le témoin privilégié d’un moment qui ne m’appartenait pas mais me touchait profondément.

Le moment où un homme redevient un petit fils, le moment où plus rien n’a d’importance.

J’étais là quand mon grand père est mort, je devais soutenir ma mère et j’ai été le seul à pleurer.

Dans ces derniers instants je me suis forcé à sourire car rien n’aurait été plus pénible pour lui que de partir en ayant rendu son petit fils malheureux.

Je l’ai regardé mourir et j’ai serré fort la main de ma mère.

On a toujours fait appel à moi dans les moments difficiles car mon caractère fort et une vie professionnelle difficile ont fait que je ne flanche pas devant l’adversité.

Mais parfois, il faut savoir pleurer pour se rappeler que l’on n’est qu’un homme et qu’il ne sert à rien de le cacher.

Alors je te remercie Cyrille, car, en lisant ton texte je suis redevenu cet homme ému qui n’a plus peur de pleurer.

Fred de Mai

Commentaires

souris, tu sais, il y a aussi du bonheur à laisser partir ceux qu'on aime.

Écrit par : ardente | 16.09.2005

Je ne sais pas où est le bonheur dont parle Ardente. Moi, moi, je suis en train de perdre mon papa (66 ans). "Ce n'est plus qu'une question de jours", nous ont dit les médecins. Alors ta note, Paul, et celle de Cyrille me bouleversent. Il n'y a pas de honte à pleurer. Homme ou femme. Comment contenir la douleur de ces moments là ? Personnellement, j'essaie juste de paraître naturelle face à mon papa. Parce qu'il a besoin qu'on lui renvoie une image acceptable de lui. Paraître naturelle pour qu'il n'ait pas l'impression que c'est la fin. Paraître naturelle pour lui faire croire jusqu'à la dernière minute que la vie continue. Paraître naturelle pour lui apporter un maximum pendant ses derniers jours, lui qui m'a tout donné pendant ces années, qui m'a appris la tolérance, la générosité, la gentillesse. Papa, je voudrais tant qu'un miracle te garde parmi nous.

Écrit par : zebu32 | 16.09.2005

J'ai aimé aussi retrouver, grâce à la note de Vinvin, des émotions pas vraiment oubliées mais plutôt reléguées.

Écrit par : fantomette | 16.09.2005

Cyrille m'a aussi bouleversé en me renvoyant à des disparitions difficiles. Je crois que nous avons été plusieurs à nous sentir terriblement humain...

Écrit par : Mry | 16.09.2005

Mry > cela ne fait jamais de mal.

Écrit par : FdM | 16.09.2005

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